Obama au bas mot...

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Didier
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Obama au bas mot...

Message par Didier » 08 nov. 2008, 13:08

J'ai cru m'étouffer avec mon bretzel en suivant la conférence de presse d'Obama l'autre jour :x :x

Imaginez :
- Vous venez d'être élu président...
- Le peuple est dans la rue, vous adule, vous adore...
- Vous êtes face à la plus grave crise depuis 1929...
- Le chomage atteint des niveaux historiques...
- Des milliers d'américains ne peuvent plus rembourser leurs prêts...
- Les banques tombent les unes après les autres...
- Vous avez des centaines de milliers d'hommes en Irak et en Afghanistan et il va bien falloir trouver une solution...
- L'Iran s'excite avec le nucléaire...
- Le Moyen-Orient est toujours aussi tendu...
- La moitié de la planète ne mange pas à sa faim...

Et un journaliste vous pose la question suivante : pensez-vous adopter un chien à la maison Blanche. Si oui, quelle marque ?

:x :x :x :x :x

Que faites-vous ? Sachant que votre réponse va être suivie par des millions de gens à travers le monde...

1/ Vous répondez bêtement à cette question stupide et en montrant combien le reste cité plus haut n'a finalement pas tant d'importance au regard de votre famille.

2/ Vous renvoyer le journaliste dans ses cordes en expliquant que vous n'avez pas été élu pour vous occuper en priorité du chien de la famille et que vous êtes face à des responsabilités historiques, voir la liste ci-dessus et blablabla...

Personnellement, j'aurais trouvé la deuxième solution particulièrement pertinente au vu du contexte.

Non Obama a choisi la première en racontant je ne sais quelle idiotie sur le chien idéal... :roll: :roll: :roll: Tout le monde voit en lui le futur Kennedy... Va y'avoir du boulot ! :roll:
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JP.
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Message par JP. » 08 nov. 2008, 13:11

Oui, bah... A question idiote, réponse idiote...

Il aurait choisi la deuxième solution, on lui aurait reproché d'être hautain avec le journaliste... :roll:

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D.Zitka
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Message par D.Zitka » 08 nov. 2008, 14:24

ben vi!
déjà que lui n'aurais pas droit a l' erreur que tout les autres président on u!

le seul truc qu'il va dire ou faire seras critiquer a 98%.

part apport aux autres président lui n'auras jamais droit a l'erreur.
USA
Barack Obama président

Tagera
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Message par Tagera » 09 nov. 2008, 10:32

dans ces cas là c'est le journaliste qu'il faut blâmer, la question n'était vraiment pas appropriée, et ce journaliste est sans doute clairement idiot.

par contre la réponse d'Obama a bien été choisie. Je suis d'accord avec JP, il aurait choisis la réponse deux, il serait passé pour un gars hautain. :lol:

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nolli
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Message par nolli » 09 nov. 2008, 16:28

Il est bien conseillé... Il fallait donner une réponse qui plaise a l'américain moyen et puis aux states, il faut pas se fâcher avec les journalistes, ils sont très puissants (remember watergate)...
Ce ne sera pas le JFK, il n'y en avait qu'un, mais il va certainement changer beaucoup de choses.
Il ne faut pas oublier que le président des EU a moins de pouvoir que celui de la France, c'est le congrès qui est tout puissant et il n'a pas une forte majorité au congrès. C''est, aux dires des analystes politiques le président qui s'est entouré des plus grands spécialistes et, contrairement à Mc Cain , il sait les écouter.
J'ai bien aimé la campagne propre et le discours de Mc Cain, très sport !

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Didier
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Message par Didier » 12 nov. 2008, 19:30

nolli a écrit :Il ne faut pas oublier que le président des EU a moins de pouvoir que celui de la France, c'est le congrès qui est tout puissant et il n'a pas une forte majorité au congrès.
Obama a la majorité absolue et, pour adopter une loi, c'est suffisant. :wink:

Ensuite, non le président français n'a pas plus de pouvoir que le président américain. Les Etats-Unis ont adopté un système politique présidentialiste. Contrairement à la France, le président a un droit de véto sur les lois. S'il ne signe pas, la loi n'est pas adoptée.

En France, le président a bien moins de pouvoirs. Le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement et, en cas de cohabitation, le président doit bien composer avec l'opposition :wink: Voir Mitterrand-Chirac en 1986...
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nolli
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Message par nolli » 14 nov. 2008, 01:20

Pas d'accord sur tout...
Pour preuve...la suite (un peu barbant à lire, mais tres instructif)
Raymond FERRETTI Maître de conférences à l'Université de Metz a écrit :Deux Gouvernants aux pouvoirs importants
On dit souvent du Président américain qu'il est l'homme le plus puissant du
monde, ce qui bien sûr est excessif. Mais, sur le plan politique et
institutionnel c'est un personnage important. Le Président français est dans
une situation qui est sensiblement la même du moins quand il n'y a pas
cohabitation. L'étendue de leurs pouvoirs dépend en réalité du fondement
populaire de ceux-ci.

L'étendue des pouvoirs
Le Président américain est à lui tout seul le pouvoir exécutif. Il dispose
donc des pouvoirs d'un Chef d'Etat : il représente le pays, il est le chef
des armées et le chef de la diplomatie. Mais il dispose également de ceux du
Gouvernement : il est le chef de l'administration, il dispose du pouvoir
réglementaire, enfin il oriente l'activité législative. C'est donc le
caractère monocéphale de l'exécutif, traduction organique du régime
présidentiel, qui rend le Président américain aussi puissant.

En France la situation est sensiblement la même quand la majorité
parlementaire et la majorité présidentielle concordent, c'est à dire quand
le présidentialisme majoritaire s'instaure. Dans ce cas en effet, la
conjonction des majorités sous l'autorité du Président de la République
conduit à transformer l'exécutif qui reste formellement dualiste (un
Président et un Premier ministre) en un exécutif politiquement monocéphal.
Ainsi, la concordance des majorités permet-elle au Président de la
République d'ajouter à sa fonction de Chef de l'Etat (représentation du
pays, chef des armées, chef de la diplomatie) la fonction gouvernementale
(pouvoir réglementaire, direction de l'administration, orientation de
l'activité législative) qu'il fait remonter à lui grâce à la complicité
politique du Premier ministre.

En cas de cohabitation, la situation change. Le dualisme de l'exécutif
devient alors effectif politiquement parlant. (C'est pourquoi on ne peut pas
parler de cohabitation aux Etats-Unis quand le Président est confronté à une
majorité différente au Congrès, car cette majorité ne trouve pas de
traduction au sein de l'exécutif à travers un Premier ministre comme c'est
le cas en France). Dans le cadre de la cohabitation le Président de la
République n'est plus que le Chef de l'Etat, il cesse d'être le chef de
l'exécutif.

Le fondement des pouvoirs
Si les pouvoirs des deux gouvernants peuvent être aussi importants c'est en
raison de leur double fondement populaire. D'abord, les deux gouvernants
sont élus par le peuple. En France l'élection est directe à deux tours.
Toutefois deux élections attribuent le pouvoir : l'élection présidentielle
certes, mais aussi les élections législatives. Les résultats non concordants
de ces deux élections pouvant avoir -on l'a vu- des conséquences importantes
sur les pouvoirs du Président. Aux Etats-Unis l'élection est indirecte,
puisque le 7 novembre prochain ce sont les grands électeurs qui seront
désignés par les américains. Ceux-ci, élus par liste au scrutin majoritaire
dans chaque Etat fédéré ont un mandat impératif : ils doivent voter pour le
candidat de leur parti. Ainsi sait-on le soir de cette élection qui sera le
futur Président américain qui ne sera élu formellement que le 15 décembre
prochain.

Tenant leurs pouvoirs du peuple, les deux gouvernants peuvent s'appuyer sur
lui en cours de mandat pour redonner force à ces pouvoirs. Ce recours
populaire est constant aux Etats-Unis et informel. Le Président entretient
avec le peuple un dialogue perpétuel, il est le "grand communicateur". En
France, le recours populaire est instrumentalisé et beaucoup plus
exceptionnel. Il passe par le référendum utilisé comme plébiscite, il passe
éventuellement par la dissolution.

Les pouvoirs importants des deux Présidents sont cependant limités, mais de
manière différente par les Parlements.

Mais deux Gouvernants plus ou moins contrôlés par leur Parlement
En raison du type de séparation des pouvoirs, rigide aux USA, souple en
France ainsi que du type de système de parti (bipartisme souple aux
Etats-Unis, bipolarisation avec forte discipline de vote en France) le
contrôle du Parlement sur le Président est différent d'un pays à l'autre.

La faiblesse du contrôle en France
Le Parlement ne peut exercer un contrôle sur la personne du Président, c'est
à dire qu'il ne peut mettre fin à ses fonctions. L'article 68 de la
Constitution prévoyant en effet l'irresponsabilité politique du Président.
Même indirectement le Chef de l'Etat ne peut être atteint. Ainsi le
Gouvernement qui en période de concordance des majorités est son allié ne
peut être renversé en raison du phénomène majoritaire, qui crée cette
solidarité constante entre le Gouvernement et sa majorité.

Les actes ou encore l'action du Président de la République échappent
également à tout contrôle. Cela signifie que le Président de la République
détermine la politique de la Nation, le Gouvernement la met en oeuvre et le
Parlement la soutient. C'est pourquoi en période de coïncidence des
majorités, on a pu parler d'un "Président-législateur". Evidemment dès que
cette concordance disparaît, le Chef de l'Etat perd une grande partie de ses
pouvoirs et alors la question du contrôle sur l'action ne se pose plus. En
France lorsque la concordance des majorités existe le Président dispose de
pouvoirs extrêmement étendus sans que le Parlement n'exerce un contrôle
important voilà pourquoi on a pu parler de monarque républicain. Aux
Etats-Unis, les pouvoirs importants du Président qui ne peuvent être sujet à
éclipse comme en France du fait de la cohabitation, sont cependant contrôlés
par le Congrès de manière efficace. C'est toute la différence qu'il y a
entre le présidentialisme majoritaire et le régime présidentiel ; entre la
séparation souple voire très souple des pouvoirs et la séparation rigide des
pouvoirs.

La force du contrôle aux Etats-unis
Le Congrès américain ne peut exercer un contrôle sur la personne du
Président puisque celui-ci n'est pas responsable politiquement devant lui.
Sur ce point la situation est la même qu'en France. Toutefois, un contrôle
indirect peut être exercé à travers l'impeachment. Cette procédure est
destinée à mettre en jeu la responsabilité pénale du Président. Elle est
donc tout à fait exceptionnelle. Mais son utilisation peut être détournée -
on l'a vu récemment- à des fins politiques. Ainsi, un contrôle, sur la
personne du Président est-il indirectement rétabli.

Les actes ou l'action du Président américain sont eux aussi contrôlés de
manière importante, beaucoup plus importante qu'en France. Le Sénat dispose
du pouvoir de confirmation des nominations présidentielles, à ce titre, il
peut refuser la nomination des Secrétaires (l'équivalent ou presque de nos
ministres), des hauts fonctionnaires ainsi que des membres de la Cour
Suprême. De plus, le Sénat peut s'opposer à la ratification d'un Traité. Les
deux chambres du Congrès peuvent demander le rapatriement de troupes que le
Président aurait engagées sur un théâtre d'opération étranger. Il s'agit là
de ce que Montesquieu appelait la faculté d'empêcher. Cette capacité de
s'opposer existe quelque soit la composition politique du Congrès puisque
les partis américains ne sont ni disciplinés ni très politisés. Aussi le
Président doit-il constamment négocier avec le Congrès ou plutôt avec ses
membres. Le moteur du régime présidentiel est bien le compromis politique.
De cette manière le Congrès limite les pouvoirs importants du Président ou
plus exactement les équilibre.

Le Président américain dispose de pouvoirs importants mais, il est mieux
contrôlé par le Congrès. Le Président français lui a des pouvoirs tout aussi
étendus mais qui ne sont pas contrebalancés par un contrôle parlementaire
efficace. Toutefois, cette situation est à éclipses ce qui n'est pas le cas
du Président américain.

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