New York se livre n°12 Art Spiegelman

Discutez architecture, peinture, littérature, musique... new-yorkaises. Sans oublier le cinéma et les séries TV !

Modérateurs : Phanloga, patricia, Didier

Répondre
Jean Mi
Messages : 186
Enregistré le : 26 juin 2005, 21:20
Localisation : BORDEAUX

New York se livre n°12 Art Spiegelman

Message par Jean Mi » 18 juil. 2008, 19:53

Image

L’art pictural foisonne à New York. Il est omniprésent par l’intermédiaire de ses musées, galeries d’art mais aussi sur tous les supports qu’offrent la ville comme les murs, les panneaux d’affichage, dans ou sur les rames de métro et, bien sur, dans la presse. Ainsi beaucoup d’artistes se sont révélés dans les magazines et journaux. Art Spiegelman est de ceux-ci.

Ce dessinateur, new yorkais bon teint, est pourtant né le 15 février 1948 à Stockholm, fils de juifs polonais sur le chemin de l’exil vers les USA. Art Spiegelman est connu internationalement grâce à sa bande dessinée « MAUS » dans laquelle il raconte la shoah d’après les souvenirs de ses parents, rescapés d’Auschwitz. Ces dessins, publiés en deux tomes en 1986 et 1991, traduits en 18 langues, deviendront la première bande dessinée à obtenir le prix Pulitzer en 1992 et connurent un succès critique sans précédent.

Mais il ne faut pas éluder sa carrière d’illustrateur de presse. De 1993 à 2001, il fut le crayon éditorialiste du grand magazine « NEW YORKER ». Justement dans son ouvrage

BONS BAISERS DE NEW YORK
Editions Flammarion

Image

avec une préface de Paul Auster, il évoque son combat quotidien contre sa rédaction en chef pour faire accepter ses dessins sulfureux, très éloignés du classicisme habituel des couvertures du « New Yorker ». Les sujets abordés sont aussi chauds que les guerres interethniques de la ville, le racisme, la politique (avec les frasques de Bill Clinton et les bévues de George Bush, son ennemi juré), la religion, la possession d’armes jusqu’au tragique 11 septembre.

Pour chaque dessin sélectionné, Art Spiegelman explique la genèse de son travail, les discussions, les pressions de ses supérieurs hiérarchiques, les pressions qui ont suivi la présentation de son projet, les modifications qu’il a dû apporter, jusqu’au choix définitif. Les illustrations refusées seront souvent utilisées dans d’autres supports moins frileux que le chic magazine new yorkais.

La première de ses couvertures illustrant la Saint Valentin (parue le 15 février 1993) causa un scandale à New York en montrant le baiser d’un juif hassidique et d’une femme noire. Par contre, la Une utilisée après le 11 septembre 2001 fut unanimement acclamée. Celle-ci semblait être complètement noire mais, à y regarder d’un peu plus prés, on pouvait distinguer les silhouettes des deux tours du World Trade Center d’un noir un peu plus profond.

Ce même dessin est utilisé en couverture du deuxième livre qui nous intéresse ici :
« A L’OMBRE DES TOURS MORTES »
Editeur Casterman

Image

Une bande dessinée grand format, véritable livre-objet avec ses pages fortement cartonnées. Ces dessins sont plus personnels quoique liés aussi à l’actualité. Art Spiegelman se rappelle les attentats du 11 septembre. Il fut d’autant plus touché par cette tragédie que sa propre fille, Nadja, se trouvait à ce moment là dans son lycée à quelques encablures du pied des tours.

Dans cette BD, l’auteur représente sa propre famille. Il se remémore ces moments tragiques où avec son épouse, il a essayé de retrouver sa fille à l’intérieur même de son établissement scolaire afin de l’éloigner au plus vite du nuage toxique qui a suivi la chute des tours et ceci malgré les embuches rencontrés. Le lecteur ressent clairement l’angoisse éprouvée.
D’ailleurs, Art Spiegelman cessa de travailler pour le « New Yorker » quelques mois après les attaques terroristes.

Deux ouvrages très différents, atypiques comme leur auteur… Un vrai délice.

maripeca
Messages : 72
Enregistré le : 22 sept. 2008, 18:15
Localisation : Cambrai, Nord

Message par maripeca » 26 sept. 2008, 21:29

Bien d'accord avec toi! A l'ombre des tours mortes, c'est intelligent et sensible, profondément interrogateur, je trouve. Il y a aussi moses, autour ou sur le nazisme.

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 0 invité